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Yv

http://lyvres.over-blog.com/

Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

par
27 septembre 2022

Keith Haring naît à Kutztown en Pennsylvanie, en 1958. Il est initié au dessin par son père, très tôt. Pas très féru d'école, il quitte la Pennsylvanie pour New York à 20 ans et découvre la ville de Basquiat, Warhol... Une ville en pleine cure d'austérité pour tenter d'éviter la faillite, et une ville où la création est omniprésente. Les années 80, les années Reagan sont riches en contestations et le street art commence à fleurir. Mais ce sont aussi les années sida, maladie de laquelle Keith Haring décède en 1990.

On connaît tous les dessins de Keith Haring, ses bonshommes aux simples contours et très colorés qui dansent et son radiant baby, sa signature. Ça paraît facile, simple et très mercantile tant on les voit sur tous les supports. Cet album biographique reprend tout depuis le début, et laisse la parole à l'artiste qui s'est exprimé sur les murs et sur divers supports toujours dans l'idée que l'art soit le plus accessible possible au plus grand nombre. Pour lui, les produits dérivés, T-shirts, tasses, ... ne sont que des moyens de transmettre son art le plus largement possible.

Ce roman graphique de Paolo Parisi est explosif de couleurs : uniquement du rose, du jaune, du bleu, du noir et du blanc. Il montre les artistes au travail, la vie dans le New York des années 80, dans le monde homosexuel et la difficulté de s'exprimer sur les murs dans l'Amérique puritaine et réactionnaire de Reagan. Très bien fait, comme le précédent sur Banksy ; une série intelligente pour tous qui permet de mieux connaître les artistes du street art.

par
27 septembre 2022

Claire filme Adam qui tague un mur de Londres lorsque les policiers arrivent et les arrêtent tous les deux. Ils écopent de travaux d'intérêt général : nettoyer les graffitis des murs de la ville.

Ils mettent à profit ce temps pour peaufiner l'envie de Claire de créer une chaîne sur le street art et parlent de l'un des plus célèbres artistes du genre, Banksy.

Très bien ce roman graphique qui fait remonter le street art à l'art rupestre -même s'il n'y avait pas de rue- car cet art "est un dialogue avec l'environnement immédiat. Autrement dit, l’œuvre est créée spécialement pour le lieu où elle est placée." (p.13)

Puis les auteurs expliquent la démarche de Banksy depuis sa première œuvre à Bristol en 1999. Et évoquent les diverses et nombreuses recherches pour savoir qui se cache sous ce nom. Est-ce un homme ? Une femme ? Un collectif ? Les auteurs inclinant vers cette dernière option, sans vouloir le savoir, de peur de démystification et de déception. On connaît tous une œuvre de Banksy, sans forcément connaître son parcours et en cela, la BD est intéressante, car elle replace les œuvres dans les contextes socio-politiques et leur redonnent leur sens initial.

Très bon album qui parle d'art, ce n'est pas si fréquent, et qui est à la portée de tous.

par
27 septembre 2022

J’arrive totalement vierge dans cet essai, je ne connais pas l’auteur, qui, renseignements pris, ne fait pas l’unanimité, s’est déjà retrouvé affublé de pas mal de petits noms et a suscité quelques polémiques. J’ai pris ce livre parce que l’extrémisme d’une manière générale m’intéresse, allant comme beaucoup de gauchistes taper sur l'extrême droite, mais il est vrai que depuis quelques années je me pose la question de ce qu'on peut mettre dans ces deux mots : il me semble que le RN tout repoussoir, repoussant et émétique qu'il soit n'est quand même pas tout à fait la même chose que certains groupes qui n'hésitent pas à faire le salut nazi et prônent la disparition de tous ceux qui ne sont pas blancs chrétiens hétérosexuels. Voilà donc un livre qui va venir alimenter ma réflexion.

Je ne suis pas en accord avec tout ce qu'écrit l'auteur, tapant beaucoup sur la gauche, dans un discours que l'on entend pas mal en ce moment : "le RN n'est pas vraiment d'extrême droite alors que LFI est d'extrême gauche". Néanmoins, sans avoir ni ses connaissances, ni ses capacités, en simple lecteur, j’ai trouvé ce livre intéressant parce qu'il m'oblige à réfléchir, à sortir des schémas tout tracés, de la pensée quasi-unique qu'on entend dans tous les médias. Et déjà des questions essentielles :

- Qu’est ce que l’extrême droite ou gauche ?

- Qui décide de placer untel ou untel à l’extrême, ou est la frontière entre la droite et l’extrême droite ?

L'extrémiste est défini comme quelqu'un qui peut recourir à la violence pour imposer ses idées. Est-ce que les partis politiques qu'on place chez nous aux extrêmes sont prêts à le faire ou se coulent-ils dans le moule de la démocratie, laissant aux électeurs le soin de choisir ?

Pierre-André Taguieff parle aussi beaucoup des mots que l’on entend désormais beaucoup : ultra droite, droite modérée, islam modéré, extrême droite, droite extrême, fachosphère, néonazisme, néofascisme… Ils englobent souvent des tas de choses et de pensées, mais permettent surtout de classer, de mettre des étiquettes, d'aller au plus pressé et de faire appel à une certaine paresse intellectuelle. Puis, il évoque aussi tous les extrémismes (religieux -pas mal de chapitres sur l'islam-, politiques...), et chacun doit se poser la question s’il ne l’est pas dans certains domaines.

Encore une fois, je ne suis pas en accord avec tout ce qu'écrit l'auteur -mon côté gauchiste sûrement-, mais revenir au sens des mots, à leur poids, à leurs représentations me paraît essentiel. Purger des médias des expressions qui ne signifient plus rien, dans lesquelles il faut sans cesse rajouter des superlatifs, et tant pis si le RN -pas plus que LFI- ne peut plus être qualifié de parti extrémiste, ce qu'il faut ce sont des débats d'idées et non pas des invectives.

Avec cet essai PA Taguieff pourrait soulever d'autres petits noms à son égard, il n'est pas tendre avec certains collègues, son livre est dérangeant et pose de nombreuses questions qui, je le crois, vont me titiller quelques temps.

Anne-Marie Métailié

22,90
par
27 septembre 2022

Voilà un thriller original qui se déroule dans le monde des réseaux sociaux et autres sites Internet. ce qui pourrait paraître abscons est bien expliqué et fait franchement peur. Après la lecture, on hésite à ouvrir son mobile, son ordinateur, absolument pas sécurisés. Même si l'on dit que l'on n'a rien à cacher, il n'empêche que nos coordonnées bancaires, nos historiques de recherches, parfois nos photos, nos textos, nos courriels, nos appels, tout cela est piratable, écoutable, sensible. Bref, un bon polar pour se faire peur.

Il commence doucement, très doucement, histoire de bien placer le décor et, Jakub Szamalek qui n'hésite pas à faire des digressions, à décrire des faits qui ne sont pas directement liés aux personnages principaux et à leurs actions, le fait avec pas mal d'humour : "Le labrador fit ce qu'il avait à faire et, content de lui, se mit à gratter la pelouse déjà mal en point. Son propriétaire sortit un sac plastique de sa poche, s'accroupit, mais en voyant de près l'ampleur du défi qui se présentait à lui, il capitula. Il vérifia aux alentours que personne ne le voyait, puis il rangea le sac et tira sur la laisse, s'éloignant au plus vite des lieux du crime." (p.113)

Puis, la tension monte crescendo lorsque Julita sent que l'accident n’en est pas un et qu'après avoir publié un article, elle est menacée. Là, L'auteur mène son roman habilement, nous cachant à nous aussi lecteurs, l'identité du harceleur, peut-être coupable d'un meurtre. Il nous plonge dans les arcanes du World Wide Web, nous expliquant sa genèse et pourquoi il est dangereux de s'y promener sans sécurité. Si quelques passages peuvent sembler obscurs, il suffit de les passer un peu plus vite sans souci, mais ce serait se priver de l'explication assez claire du romancier. icelui brosse un portrait de son pays très intéressant : l'entrée dans l'Union Européenne fut un grand pas et un bouleversement, mais elle n'a pas tout réglé. Les systèmes judiciaire et politique sont corrompus, les classes moyennes ont du mal à se loger dans Varsovie et à vivre correctement. Le travail ne court pas les rues et lorsqu'on en a, il faut se contenter de bas salaires. Bref, la Pologne comme d'autres pays européens souffre.

Pour revenir à l'intrigue policière, elle est haletante et tient jusqu'au bout sans problème et il vaut mieux puisque ce tire est le premier d'une Trilogie du Dark Net prévue par Jakub Szamalek. Ça commence très bien et très fort, j'attends la suite.

Souvenirs d'une jeunesse écossaise

Paquet

20,00
par
27 septembre 2022

Librement inspiré du livre Merry men de Robert Louis Stevenson, cette bande dessinée parle de la jeunesse de l'écrivain lorsque son père souhaitait qu'il fût, comme tous les hommes de la famille, bâtisseur de tours et particulièrement de phares, et que le jeune homme ne rêvait que d'écriture. Alors que Robert Louis fréquentait les bas quartiers d’Édimbourg, en 1870, son père l'envoya sur l'île d'Erraid puis sur l’Îlot de Dhu Heartach assister à la construction du phare et enfin s'intéresser au métier. Contre toute attente, le jeune homme se plaît a Erraid, et en tire un récit.

Je ne connais pas le livre de Robert Louis Stevenson, pas plus que je ne savais qu'il était issu d'une famille de bâtisseurs de phares, en fait, je ne connaissais quasiment rien sur lui. Cet album parle de sa jeunesse et de la naissance de son inspiration. Il est très beau, des pages presque muettes parfois, et des dessins sublimes qui font la part belle aux paysages sauvages de l'île d'Erraid et ces fameux Merry men, des rochers découpés proches de la côte, tranchants et qu'un bateau ne peut passer sans risque d'y échouer. Des pages aux tons ocres, d'autres tendant vers le vert montrent, outre la nature, ce que l'homme bâtit dans des conditions dantesques et ce à quoi l'écrivain pense en voyant l'un et l'autre.

La couverture représente bien ce qu'est l’ouvrage, les couleurs, la part de la nature sauvage, de l’œuvre humaine et de l'homme qui contemple. Chanouga réalise un album admirable, de ceux que l'on rouvre régulièrement, juste par plaisir.