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Connemara

Nicolas Mathieu

Actes Sud

  • Conseillé par (Libraire)
    16 juin 2023

    Dans Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu narrait le parcours d’un groupe d’adolescents au début des années 1990 dans l’Est de la France, alors en pleine désindustrialisation. Ici, les adolescents sont devenus quadragénaires. La mort de l’industrie a laissé la place à l’enfer et l’absurdité du management et des sociétés de conseil. Côté individuel, la sociologie a livré son verdict : les couples en précarité économique se sont séparés, les enfants en garde plus ou moins alternée et les couples plus aisés ont certes survécu mais sans trop savoir pour quoi. Chacun essaie de poursuivre [comme il peut] son existence, de ne pas vieillir trop vite, de ranimer sa jeunesse. Ce n’est pas glorieux, pas minable non plus.
    Nicolas Mathieu est un grand écrivain de nos vies. Connemara n’y déroge pas.


  • Conseillé par
    17 août 2022

    Tranches de vie de 2 quadra

    "Roman noir et social magnifique sur la grandeur des petites vies et le temps qui passe… Et qu’on ne rattrape plus" - critique Vosges Matin 02/02/2022
    Une tranche de vie de 2 quadras (Hélène et Christophe) qui avaient vécu leurs années de lycée ensemble et qui se retrouvent... ou pas
    21 moments qui mêlent passé - enfance et adolescence de H et C - post adolescence études supérieures (école de commerce) pour H, Hockey pour C - début de vie d'adulte pour H et C (mariage, enfant(s)) et ce qui peut être considéré comme leur "nouvelle" rencontre et aventure commune.
    395 pages d'une écriture admirable, ponctuée d'expressions ciselées telle que "d'un geste hélicoïdal et sûr, elle avait refait son chignon", une description féroce, mais réaliste des "us et coutumes" et des mœurs des cabinets de consulting.
    Un titre qui fait référence au tube qui marque les fins de soirée...


  • Conseillé par
    8 août 2022

    vie moderne

    Epinal, entre 1980 et 2017. Une femme : Hélène ; un homme : Christophe.

    Les chapitres alternent entre l’enfance et l’adolescence des deux personnages et leur vie d’adulte, leur travail, leur famille.

    J’ai aimé commencer chaque chapitre en me demandant de quel personnage il serait question et à quelle époque.

    Les adolescents des années 80 m’ont rappelé des souvenirs….

    J’ai aimé retrouver la plume de l’auteur qui, dans un même paragraphe alterne vocabulaire châtié et commun.

    J’ai aimé son humour : “Et puis l’on songe aux sacrifices des ancêtres ; s’il a fallu des morts pour obtenir le droit de vote, on imagine les hécatombes pour arracher cinq semaines de congés payés.”

    J’ai apprécié le regard que pose l’auteur sur notre société : “Inventer une région, il fallait quand même être gonflé, et ne rien comprendre de ce qui se tramait dans la vie des gens, leurs colères alanguies, les rognes sourdes qui couvaient dans les villes….”

    J’ai souri chaque fois qu’un personnage s’habillait en bleu et gris, comme un uniforme qui aurait remplacé les bleus de travail.

    J’ai été triste pour le père de Christophe qui perd peu à peu la tête ; son frère Julien parti de la maison sur un coup de tête et qui n’y reviendra plus.

    Les scènes de sexe sont étrangement assez torrides, ce qui n’était pas indispensable mais pourquoi pas.

    Une lecture qui m’a toutefois laissé un goût de désolation, comme un espoir déçu. La vie dans ce qu’elle a de plus banal.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des cuisses énormes de Christophe, ancien patineur plutôt doué.

    https://alexmotamots.fr/connemara-nicolas-mathieu/


  • Conseillé par
    16 mai 2022

    Hélène, quarante ans, belle carrière, mariée, deux enfants, est la bobo nancéienne type.
    Christophe, quarante ans aussi, séparé, un enfant, n'a jamais quitté l'endroit où il a passé sa jeunesse et où habitait Hélène.
    Tous deux sont à un tournant de leur vie.
    Ils vont se retrouver, commencer une liaison.
    Autant dire que je me suis copieusement ennuyée à cette lecture.
    J'ai lu 200 pages, puis ai sauté bien des passages pour arriver à la fin.
    On retrouve le pessimisme qui se dégageait déjà de « Leurs enfants après eux ».
    Le manque d'espoir, des personnages désabusés.
    Une société qui laisse insatisfait.
    Hélène m'a été antipathique.
    J'ai eu un peu plus de compassion pour Christophe. Je dis bien, un peu.
    Le tout m'a semblé très long, bien trop long.
    Tout est traité de manière caricaturale, c'est plein de clichés, de redites, de descriptions interminables.
    Un livre qui se veut le reflet d'une société sans beaucoup d'espoir et qui m'a laissé un sentiment de profond agacement.
    J'y ai vu une juxtaposition de clichés plus qu'un ouvrage construit voulant laisser un message.
    Se voulant profond, ce roman m'a semblé superficiel, même dans l'écriture.
    Je ne pense pas continuer avec Nicolas Mathieu.


  • 7 mars 2022

    Romance sociale

    Hélène a quitté sa petite ville des Vosges pour étudier et faire carrière après son bac. Des années plus tard, elle revient s'installer à quelques kilomètres de sa ville natale, à Nancy, avec mari et enfants après un burn out qui a rebattu les cartes concernant ses priorités. En effet, si elle possède désormais les codes, les manières, les références des classes supérieures, toutes choses qui l'ont tant fait rêver, l'accomplissement qu'elle en espérait n'est pas au rendez-vous. Christophe lui, n'est jamais parti. Ancien espoir du Hockey sur glace, il s'est laissé bercer par la vie, a laissé les autres décider pour lui. Aujourd'hui divorcé, père d'un petit garçon et vendeur d'aliments pour animaux, il vit avec son père dans la maison de son enfance et profite de quelques soirées biens arrosées avec les copains pour supporter le quotidien. Deux solitudes, deux personnages au mitan de leur vie qui vont croiser leurs espoirs, leurs rêves et leurs illusions dans cette France des régions. Nicolas Mathieu porte un regard juste et sans concession -mais toujours bienveillant- sur ses contemporains, un roman social et réjouissant à lire sans modération...


  • Conseillé par (Libraire)
    25 février 2022

    C'est quoi réussir sa vie ? Être à sa place ? Par les voix d'Hélène et Christophe, Nicolas Mathieu interroge sur le temps qui passe, sur cette génération en quête de reconnaissance sociale et en proie à ses contradictions, le tout en chantant Sardou à tue-tête.
    Nostalgique et bouleversant à la fois !


  • Conseillé par
    21 février 2022

    Une peinture sociale très réussie !

    Nicolas Mathieu mène une enquête sociologique sur cette génération qui a pu s’élever dans l’échelle sociale et bouleverser un certain déterminisme en faisant des études pour changer de milieu. Actuellement, on dit transfuge de classe, expression que je n’aime pas, car elle sous-entend la tromperie des deux côtés. Nicolas Mathieu préfère nous décrire, comme un peintre impressionniste, par petites touches, racontant sans colère et sans hargne, le passé pour expliquer leur présent. Du coup, il interroge sur la place qu’on nous assigne, celle qu’on prend ou celle qui nous reste à honorer !


  • Conseillé par (Libraire)
    15 février 2022

    Au mitan de la vie

    Hélène, 40 ans, occupe un poste à "responsabilités", a une belle allure, deux filles, un mari, une maison d'architecte. Sur le papier (glacé), ça semble être l'idéal. En réalité ça coince, ça achoppe. Hélène aspire à autre chose, avec cette impression amère d'être passée à côté...
    Et puis elle repense à sa jeunesse un peu étriquée dans l'Est de la France et se souvient de Christophe, le tombeur de l'époque. Elle décide alors de le revoir...
    Quel roman ! Quel souffle !
    Nicolas Mathieu est un observateur averti de notre époque, qu'il saisit avec acuité et précision. Les descriptions des personnages sont du même acabit, en très peu de mots, il campe avec justesse ses protagonistes. Le portrait d'Erwan, le « chef » d’Hélène, en est l’exemple parfait : on le voit le type avec sa novlangue performative, ses process et consorts, ses chaussures à bout carré et sa vulgarité. Sans mépris, Nicolas Mathieu brosse les rapports de force, l’humiliation, le cynisme que notre héroïne doit endurer dans son travail…Ce travail qu’elle a ardemment voulu, pour sortir de sa condition sociale et enfin réussir là où ses parents ont échoué.
    Alors survient Christophe, l’antithèse d’Hélène, a priori. Lui aussi a 40 ans, une vie plus modeste dans la ville qui l’a vu naître. Contrairement à Hélène, il ne l’a jamais quittée et ça ne lui pose aucun problème. Nicolas Mathieu va jouer de ces deux tableaux, pour raconter une histoire assez universelle, celle d’une génération de quarantenaires, qui ne peut s’empêcher de faire le bilan à mi-parcours. Et le constat est doucement mélancolique…


  • Conseillé par (Libraire)
    2 février 2022

    Nos vies sans romance

    Avec ce formidable roman, Nicolas Mathieu raconte le quotidien banal de deux quadragénaires, transfuges de classe.
    Un banal merveilleusement décrit, qui devient essentiel et raconte en fait nos propres vies. De l'adolescence à la quarantaine.

    Un implacable constat social.

    Chronique complète :

    Elle s’appelle Hélène. La quarantaine arrive et avec l’âge, le temps des tourments. Un mari encore séduisant, deux enfants, un métier bien rémunéré, une belle maison. Mais le monde chancelle. Un mal être s’installe dans un emploi du temps surchargé. La réussite sociale semble actée. Et pourtant.
    Il s’appelle Christophe. Il est à peine plus âgé. Il est en instance de séparation et risque de perdre la garde alternée de son enfant suite au déménagement de son ex. Il n’a pas trop mal réussi en devenant représentant en nourriture pour chien. Il fut surtout une gloire locale du club de Hockey sur glace. Deux potes, son père avec qui il vit. Une petite existence normale. Et pourtant.
    On devine la suite: Hélène et Christophe, vingt ans après le lycée, vont se revoir, se retrouver comme au temps de l’adolescence. Et peut être plus. L’histoire est banale, prévisible, attendue. Une romance sociale. Et pourtant.

    Pourtant le talent de Nicolas Mathieu change tout. Avec « Leurs enfants après eux », Prix Goncourt 2018, le Vosgien racontait le roman de l’adolescence, d’une jeunesse en difficulté d’une vallée perdue dans l’Est de la France. Cette fois-ci c’est la vie d’adultes du côté de Nancy, qu’il décrit avec une précision de sociologue mais une attention de romancier. Il a les mots pour dire le quotidien, avec un réalisme et un naturel exemplaires. Il nous emmène avec lui dans l’arrière salle d’un café d’Epinal, racontant les clients, leurs propos, leurs silhouettes. On est dans la cuisine des parents d’Hélène, adolescente, entre une mère éprise de ménage et un père occupant ses loisirs à bricoler ici ou là pour arrondir les fins de mois. Comme une caméra cachée, Nicolas Mathieu nous dit la vie quotidienne avec la justesse du vécu. Annie Ernaux, de manière autobiographique raconte sa classe sociale d’origine, Olivier Adam dit de manière romancée sa vie d’avant à la lisière des grands ensembles. Nicolas Mathieu nous parle avec Hélène d’une transfuge de classe qui s’est appropriée les codes de la moyenne bourgeoisie. Si Hélène et Christophe sont issus du même milieu, ils ne sont plus du même monde. Nous sommes dès lors loin de la romance sociale mais dans une banale réalité qui dit beaucoup. Qui dit tout.
    Ce ne sont pas forcément la voiture, les meubles, les loisirs qui font la différence mais d’abord, les mots, le langage.
    C’est par les mots, les attitudes que l’on se compare car finalement ce sont ces apparences qui distinguent les gagnants et les perdants plus qu’une différence de mode de vie réel. La quarantaine arrivée les difficultés d’exister, d’aimer sont identiques que l’on boive de la bière dans un petit troquet ou du champagne dans un open space.

    On se demande si Nicolas Mathieu n’a pas été adolescente, jeune fille, dans une vie antérieure. Les pages consacrées à la jeunesse de Hélène et Charlotte, sa meilleure copine, sont parmi les plus belles du roman. Nicolas Mathieu est le meilleur conteur de l’adolescence. Mais aussi de la quarantaine. Connemara commence avec cette phrase: La colère venait dès le réveil. Une colère qui dit tout de trajectoires de vie qui s’essoufflent à la recherche de plus de bonheur, de moins de malheur. D’un sens à donner à une deuxième et dernière partie de l’existence.
    Pour connaître l’état d’une nation à un moment donné on peut lire un livre sociologique et statistique comme « La France sous nos yeux ». On peut aussi lire le dernier roman de Nicolas Mathieu, remarquable texte qui nous dit une fois encore la vie « normale » de citoyens « normaux », ancrés dans notre siècle. Et terriblement attachants.